Bourse : 5 idées pour jouer le COUP d’APRES

Entre une inflation encore incertaine, des taux susceptibles de rester élevés et des valorisations exigeantes, l’été pourrait être plus agité que prévu sur les marchés. Christian Parisot, fondateur d’Altaïr Economics, décrypte les risques qui pourraient rebattre les cartes et identifie cinq innovations susceptibles de faire émerger de nouvelles opportunités d’investissement.

L’inflation a-t-elle vraiment cessé d’être un problème ?

Les statistiques publiées au mois de juin ont donné des signes encourageants de désinflation. À première vue, les investisseurs pourraient donc considérer que l’inflation n’est plus une menace majeure pour les marchés financiers.
Une telle conclusion serait pourtant prématurée. Une statistique mensuelle ne suffit pas à établir une tendance durable et ne permet pas de répondre à la question qui préoccupe réellement les banquiers centraux : quelle est désormais la véritable nature de l’inflation ?
Le débat oppose deux formes de hausse des prix. La première est une inflation énergétique, volatile, largement liée aux mouvements du pétrole et à la situation géopolitique. La seconde, plus préoccupante, pourrait être une inflation durable, alimentée par des facteurs structurels et plus difficile à faire reculer.
L’inflation énergétique reste particulièrement incertaine. Elle peut accélérer brutalement sous l’effet d’une tension sur les approvisionnements, avant de refluer presque aussi rapidement. Elle ne justifie donc pas nécessairement une modification profonde de la politique monétaire.
Les banques centrales sont, en outre, mal armées pour répondre à un choc provoqué par un conflit ou une fermeture des routes énergétiques. Le relèvement des taux agit sur la demande intérieure et sur la croissance domestique. Il ne permet pas de produire davantage de pétrole ni de résoudre une crise géopolitique.

Les entreprises transmettent désormais plus vite les hausses de coûts
 
Les entreprises ont tiré les enseignements du précédent choc inflationniste. Beaucoup ont intégré des clauses d’indexation dans leurs contrats ou adapté leurs mécanismes de fixation des prix.
Dès que les coûts énergétiques progressent, la hausse se transmet désormais rapidement à l’ensemble de la chaîne de production. Cette transmission fonctionne cependant dans les deux sens : lorsque les prix de l’énergie baissent, les tensions sur les prix à la production peuvent également se détendre rapidement.
L’énergie constitue donc davantage une source de volatilité qu’un indicateur fiable d’une inflation durable.
Les marchés continuent pourtant de réagir fortement à chaque nouvelle statistique. Un chiffre d’inflation favorable suffit à faire reculer les anticipations de hausse des taux. Une mauvaise publication les fait immédiatement remonter.
Les investisseurs extrapolent ainsi le dernier indicateur disponible pour tenter de prévoir les décisions de la Réserve fédérale ou de la BCE. Cette approche explique une partie des mouvements parfois brusques observés sur les obligations et les actions.
Elle ne reflète toutefois pas complètement le discours des banques centrales. La BCE a montré qu’elle pouvait encore durcir sa politique. Aux États-Unis, plusieurs responsables monétaires considèrent également que les tensions sur les prix ne viennent plus seulement de l’énergie ou des droits de douane.

L’inflation « collante » au cœur des inquiétudes
 
Le véritable débat concerne désormais le risque d’une inflation plus persistante, souvent qualifiée d’inflation collante.
Pour l’instant, les marchés obligataires ne semblent pas croire à un retour durable de la hausse des prix. Les points morts d’inflation restent relativement contenus aux États-Unis comme en Europe. Les anticipations des ménages à moyen et long terme demeurent également assez bien ancrées.
À court terme, les consommateurs réagissent fortement au prix de l’essence. Sur des horizons de trois ou cinq ans, leurs anticipations restent cependant plus stables, malgré une inflation américaine demeurée supérieure à l’objectif de la banque centrale pendant plusieurs mois.
Cela ne signifie pas que les banquiers centraux peuvent relâcher leur vigilance. Plusieurs facteurs pourraient entretenir durablement la hausse des prix.
Les économies restent d’abord relativement résilientes. Elles connaissent également une phase d’investissement particulièrement intense, notamment autour de l’intelligence artificielle, des infrastructures numériques et de la production d’énergie.
Ces investissements peuvent stimuler l’activité, mais aussi provoquer des tensions sur les équipements, les composants, l’électricité et les capacités de production.
L’impact de l’IA ne se retrouverait pas nécessairement directement dans l’indice des prix à la consommation. Il pourrait en revanche être davantage visible dans le déflateur de la consommation, l’indicateur privilégié par la Réserve fédérale.

Services, salaires et vieillissement : des tensions plus structurelles
 
Les prix des services constituent une autre source de préoccupation. Le vieillissement de la population peut accroître les besoins dans certains métiers, alors que l’offre de main-d’œuvre demeure limitée. Les coûts salariaux pourraient ainsi continuer à progresser dans plusieurs secteurs.
Les gains de productivité liés à l’IA pourraient compenser une partie de ces tensions, mais ils ne semblent pas se diffuser de la même manière en Europe et aux États-Unis.
L’économie américaine paraît, à ce stade, bénéficier davantage des gains de productivité apportés par les nouvelles technologies. Cette hypothèse devra néanmoins être confirmée par les données des prochains mois.
Si cet écart se vérifie, il pourrait produire des trajectoires d’inflation différentes de part et d’autre de l’Atlantique.
À plus court terme, la persistance des tensions inflationnistes pourrait surtout modifier le comportement des entreprises. Celles-ci ont compris qu’elles pouvaient ajuster rapidement leurs tarifs lorsque leurs coûts augmentaient.
La question est désormais de savoir si la demande continuera d’absorber ces hausses.
Aux États-Unis, les ménages ont accepté de réduire leur taux d’épargne afin de maintenir leur consommation. Ils ont donc relativement bien absorbé les augmentations de prix.
En Europe, les consommateurs ont davantage souffert du choc inflationniste. Ils se sont montrés plus prudents et ont plus volontiers réduit leurs achats.

Énergie, alimentation et climat : une inflation plus volatile
 
L’économie mondiale pourrait entrer dans une période marquée par une plus grande instabilité des prix.
Cette volatilité viendrait de l’énergie, des événements géopolitiques, des conditions climatiques et des rendements agricoles. Une seconde vague de tensions pourrait notamment apparaître à la fin de l’année sur les prix alimentaires.
Les coûts de production des entreprises constituent un autre facteur d’incertitude. Les groupes ont désormais davantage tendance à répercuter leurs charges sur les prix de vente, ce qui peut prolonger les épisodes inflationnistes.
Les marchés restent pourtant principalement concentrés sur le détroit d’Hormuz et les cours du pétrole.
Le raisonnement dominant est relativement simple : si la circulation se normalise dans le détroit, le pétrole recule, l’inflation diminue et les banques centrales peuvent assouplir leur politique. À l’inverse, une nouvelle hausse du brut fait immédiatement progresser les taux d’intérêt à long terme et les anticipations de resserrement monétaire.
Cette mécanique influence désormais des secteurs qui semblaient encore récemment protégés de ces considérations.

Pourquoi les valeurs liées à l’IA deviennent sensibles au pétrole
 
Les valeurs des semi-conducteurs et des infrastructures technologiques sont devenues beaucoup plus sensibles aux cours du pétrole et aux taux d’intérêt.
Quelques mois plus tôt, elles pouvaient encore être considérées comme des valeurs refuges face aux tensions géopolitiques. Leur visibilité sur le chiffre d’affaires et la vigueur des investissements dans l’IA incitaient les investisseurs à les privilégier.
Le raisonnement était proche de l’effet TINA : faute d’alternative offrant le même potentiel de croissance, les capitaux continuaient d’affluer vers les semi-conducteurs, les data centers et les équipements technologiques.
Cette perception évolue. Les investisseurs commencent à mesurer la dépendance de ces activités à l’inflation, au financement et aux décisions des banques centrales.
Le changement est important. Pendant de nombreuses années, les marchés ont valorisé des entreprises peu intensives en capital, notamment les éditeurs de logiciels et les plateformes numériques.
Ces sociétés supportaient un coût fixe pour développer un produit ou un réseau. Une fois celui-ci créé, l’ajout d’un client supplémentaire générait des revenus avec un coût marginal très faible, voire presque nul.
Elles reposaient principalement sur le capital humain et la matière grise. Elles n’avaient pas besoin de mobiliser en permanence des milliards pour financer de nouvelles usines ou de lourdes infrastructures.

L’IA a replacé le capital physique au centre du jeu
 
La révolution de l’intelligence artificielle a profondément modifié cette logique.
La possession de capacités de calcul est devenue aussi importante, sinon davantage, que le capital humain. Il faut investir massivement dans les data centers, les puces, la mémoire, les réseaux et la production d’électricité.
Ces investissements constituent une barrière à l’entrée. Sans capital, il devient impossible de rivaliser avec les acteurs déjà installés.
Les entreprises possédant des infrastructures existantes peuvent ainsi espérer capter une part importante de la valeur créée par l’industrialisation de l’IA. À l’inverse, certaines sociétés de logiciels pourraient être fragilisées si leurs produits sont plus facilement reproduits grâce aux modèles génératifs.
L’utilisation de l’IA remet également en cause l’idée d’un coût marginal nul. Chaque requête mobilise des capacités de calcul et consomme des jetons, ou tokens. Une utilisation supplémentaire engendre donc un coût supplémentaire.
Les infrastructures installées et les capacités de financement deviennent déterminantes.
Cette stratégie fonctionne tant que le coût du capital demeure raisonnable. Elle devient beaucoup plus risquée lorsque l’inflation oblige les banques centrales à relever leurs taux.

Le coût du capital, talon d’Achille du boom de l’IA
 
Les grandes entreprises technologiques ont d’abord financé leurs investissements grâce à leurs importants free cash-flows. Mais l’inflation du coût des data centers, de l’énergie et des composants rend progressivement cette source de financement insuffisante.
Les groupes doivent davantage emprunter ou émettre des actions. Ils deviennent donc plus dépendants des marchés financiers.
Une hausse des taux d’intérêt réduit mécaniquement la rentabilité économique des capitaux investis. Plus une entreprise est intensive en capital, plus elle devient sensible au financement et à l’inflation.
Le phénomène peut sembler paradoxal. La Bourse est souvent présentée comme une protection contre l’inflation, car les entreprises peuvent augmenter leurs prix, leur chiffre d’affaires et, à terme, leurs dividendes.
Cette protection est moins évidente pour les activités nécessitant des investissements massifs. Lorsque le coût de financement augmente, la rentabilité du capital physique diminue.
En concentrant leurs portefeuilles sur les infrastructures technologiques, les investisseurs sont donc devenus particulièrement dépendants des décisions de politique monétaire.

Les hyperscalers vont-ils continuer à augmenter leurs dépenses ?
 
Dans cet environnement, Christian Parisot recommande de diversifier les portefeuilles et de rester prudent sur le thème de l’IA pendant l’été.
Le risque n’est pas nécessairement que les hyperscalers interrompent brutalement leurs investissements. Une simple absence de nouvelle accélération pourrait suffire à décevoir les marchés.
Les coûts des composants augmentent. Les géants du cloud devront décider s’ils acceptent de nourrir cette inflation ou s’ils préfèrent étaler leurs investissements dans le temps.
Ils pourraient choisir de disposer temporairement de moins de capacités de calcul plutôt que de payer toujours plus cher leurs équipements.
Compte tenu des niveaux de valorisation, les valeurs ayant le plus progressé grâce au thème de l’IA seraient particulièrement vulnérables à un ralentissement des dépenses.
Le risque principal demeure cependant celui d’un choc inflationniste plus large. Si les tensions ne sont plus seulement énergétiques et contraignent les banques centrales à rendre leur politique véritablement restrictive, la donne changerait profondément pour les marchés financiers et l’allocation d’actifs.

IBM et l’informatique quantique : le risque d’une obsolescence accélérée
 
Les innovations technologiques constituent le deuxième grand facteur susceptible de modifier les choix de portefeuille.
Le lancement de ChatGPT a montré la rapidité avec laquelle une rupture peut transformer la hiérarchie des secteurs et les valorisations. Dans un marché cher, ne laissant que peu de place à la déception, les réactions peuvent être particulièrement violentes.
Christian Parisot cite d’abord les ambitions d’IBM dans le domaine de l’informatique quantique.
Le groupe souhaite accélérer l’industrialisation et, à terme, la production de puces quantiques. Même si cette communication comporte encore une part importante de promesse, l’horizon évoqué se situe autour de 2028 ou 2029.
Cette perspective soulève une question pour les hyperscalers. Ceux-ci investissent aujourd’hui dans des équipements qu’ils envisagent parfois d’amortir sur une dizaine d’années. Si de nouvelles capacités quantiques arrivent sur le marché dès la fin de la décennie, une partie des technologies actuelles pourrait devenir prématurément obsolète.
Le chiffre d’affaires quantique reste aujourd’hui très limité dans la valorisation d’IBM. Mais Nvidia se trouvait autrefois dans une situation comparable : ses activités liées à l’IA représentaient encore une part marginale de sa valeur avant de devenir centrales.
La montée du quantique pourrait donc provoquer des arbitrages et entraîner d’importantes dépréciations d’actifs sur les investissements réalisés actuellement dans les data centers.
Cette menace pourrait inciter certains hyperscalers à se montrer plus prudents. Après une véritable course aux capacités de calcul, alimentée par la peur de rester en retrait, l’obsolescence technologique redevient un risque majeur.

DeepSeek remet en cause la course à la puissance
 
La deuxième rupture concerne DeepSeek.
Le groupe chinois a développé des méthodes permettant de réduire fortement les coûts d’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette recherche d’efficacité répond en partie aux contraintes rencontrées par les acteurs chinois, qui disposent de moins de puces avancées que leurs concurrents américains et restent dépendants de Nvidia.
DeepSeek a également fait le choix de modèles plus ouverts, dont les innovations peuvent être observées, reproduites ou adaptées.
Cette approche montre qu’il est possible de faire davantage avec moins de puissance de calcul et des coûts inférieurs.
Les performances de DeepSeek restent inférieures à celles des meilleurs modèles d’OpenAI ou d’Anthropic, notamment Claude. Mais les entreprises ont-elles réellement besoin du modèle le plus puissant pour résumer un courrier électronique ou répondre à la majorité des usages courants ?
Dans de nombreux cas, un modèle moins performant mais beaucoup moins cher pourrait être suffisant.
DeepSeek devient ainsi un concurrent chinois à bas coût de plus en plus crédible. Il fragilise les barrières à l’entrée sur lesquelles pourraient reposer les valorisations d’OpenAI, d’Anthropic ou d’autres producteurs de grands modèles de langage.
Le succès éventuel de leurs introductions en Bourse ne garantirait pas pour autant la solidité de leur modèle économique à long terme.

La valeur pourrait se trouver dans les données plutôt que dans les modèles
 
Les entreprises cherchent de plus en plus à pouvoir passer facilement d’un modèle d’IA à un autre. Les grands modèles de langage risquent ainsi de devenir interchangeables.
Une innovation peut créer temporairement un avantage, mais celui-ci est rapidement rattrapé par la concurrence.
Les possibilités d’entraînement pourraient également atteindre certaines limites. Les modèles ont déjà absorbé une grande partie des informations disponibles sur Internet. La multiplication de contenus produits par l’IA elle-même peut, en outre, dégrader la qualité des données utilisées pour les nouveaux entraînements.
Dans ce contexte, les vrais gagnants ne seraient pas nécessairement les entreprises qui développent les modèles. La valeur pourrait se concentrer chez celles qui possèdent des données propriétaires, fiables, sécurisées et difficiles à reproduire.
Christian Parisot cite notamment Thomson Reuters, qui dispose d’importantes bases de données, ou Dassault Systèmes, dont les plateformes s’appuient sur les informations industrielles de ses clients.
Ces groupes peuvent utiliser le modèle d’intelligence artificielle le plus performant à un instant donné, tout en conservant l’actif réellement différenciant : les données, la relation de confiance et leur sécurisation.

Chevron pourrait augmenter les réserves de pétrole de schiste
 
La troisième innovation concerne Chevron et l’amélioration des techniques d’extraction du pétrole de schiste.
Seule une faible part du pétrole contenu dans les gisements est aujourd’hui récupérée. Selon l’analyse présentée, une nouvelle technologie pourrait permettre de faire passer ce taux d’environ 10 % à 20 %.
Une telle amélioration entraînerait mécaniquement une révision à la hausse des réserves exploitables aux États-Unis. Les estimations tiennent en effet compte de la quantité de pétrole techniquement récupérable.
Cette innovation renforcerait le poids de la production américaine et constituerait, à terme, un facteur baissier pour les cours du brut.
À court terme, le marché reste dominé par les tensions au Moyen-Orient et les déséquilibres entre l’offre et la demande. Mais les investissements se multiplient en dehors de la région, les acheteurs cherchant à réduire leur dépendance.
La réouverture du détroit d’Hormuz n’a d’ailleurs pas provoqué une ruée immédiate sur l’offre du Moyen-Orient, signe d’une volonté croissante de diversification.
Le pétrole peut donc rester cher tant que l’incertitude géopolitique demeure. Lorsque celle-ci diminuera, l’augmentation de l’offre hors Moyen-Orient pourrait exercer une pression baissière significative.

Le pari de Tesla sur des robotaxis sans lidar
 
La quatrième rupture vient des robotaxis de Tesla.
Elon Musk a accumulé les promesses, notamment sur les calendriers de lancement. Le projet doit donc être considéré avec prudence. Deux éléments méritent néanmoins l’attention des investisseurs.
Tesla a d’abord choisi de développer ses véhicules autonomes à partir de caméras, sans recourir au lidar utilisé par la majorité de ses concurrents.
Ce choix représente un risque industriel. Mais s’il s’avère concluant, il pourrait profondément modifier l’économie du véhicule autonome.
Le lidar constitue actuellement un équipement à forte valeur ajoutée pour certains fournisseurs automobiles et augmente significativement le coût des véhicules. Une solution fonctionnant sans ce composant réduirait les prix de revient et bouleverserait la situation de plusieurs équipementiers.
Le second enjeu concerne le modèle économique. Tesla envisage que les propriétaires puissent transformer leur voiture en robotaxi lorsqu’ils ne l’utilisent pas.
Si ce système fonctionne et trouve une demande suffisante, il pourrait modifier non seulement le marché des VTC, mais également une partie du modèle économique de l’automobile mondiale.

Les agents autonomes ouvrent une nouvelle course dans la cybersécurité
 
La cinquième innovation concerne la cybersécurité.
Des agents autonomes capables de mener automatiquement des attaques informatiques ont désormais été développés. Leur nouveauté ne tient pas seulement à leur capacité à exploiter des failles, mais à leur faculté d’adaptation.
En quelques dizaines de secondes, ces agents peuvent modifier leurs méthodes en fonction de la réussite ou de l’échec de leurs précédentes tentatives.
Ils disposent de bibliothèques de vulnérabilités, de portes dérobées et de stratégies d’intrusion. Selon les tests évoqués, un agent pourrait sélectionner plusieurs centaines de techniques différentes en seulement 26 secondes.
Face à cette vitesse, l’intervention humaine devient insuffisante. Les entreprises devront déployer leurs propres agents autonomes pour détecter et contrer les offensives.
La cybersécurité entre ainsi dans une nouvelle phase : des agents attaquent, tandis que d’autres agents organisent la défense.
Cette évolution crée un risque immédiat pour les entreprises, mais aussi une importante opportunité d’investissement pour les acteurs capables de fournir les technologies de protection adaptées. Les dépenses de cybersécurité pourraient devenir indispensables à très court terme.

Résultats américains : des attentes proches de 30 %
 
La saison des résultats du deuxième trimestre débute avec des premières publications bancaires plutôt encourageantes.
Le niveau des attentes aux États-Unis reste cependant exceptionnellement élevé. Le consensus anticipe une progression de plus de 24 % des bénéfices par action des entreprises américaines.
Or les sociétés dépassent généralement les prévisions. Les investisseurs pourraient donc attendre une croissance réelle proche de 29 % ou 30 % sur un an.
Une telle performance serait considérable. Elle resterait néanmoins très concentrée sur quelques secteurs et quelques grandes capitalisations.
Ces chiffres montrent à quel point le consensus est exigeant. Les marchés ne se contentent pas d’une croissance modérée des bénéfices. Ils ont déjà intégré une forte progression et attendent encore davantage.
Avec des valorisations élevées, la moindre déception pourrait provoquer des réactions violentes.
Les entreprises américaines continuent d’afficher des résultats impressionnants, mais la croissance reste très déséquilibrée. L’économie et la Bourse conservent une forme de structure en K : les plus grandes valeurs tirent les profits vers le haut, tandis que d’autres secteurs progressent beaucoup moins rapidement.
Une grande partie de cette réussite est déjà intégrée dans les cours. Une hausse des bénéfices de 24 % pourrait donc être jugée insuffisante si le marché en attend implicitement 30 %.
En dessous de ce seuil, d’importantes rotations sectorielles pourraient apparaître.
L’été combine ainsi plusieurs sources d’incertitude : un risque inflationniste encore mal évalué, une évolution possible de la fonction de réaction de la Réserve fédérale, une croissance américaine très déséquilibrée, une Europe pénalisée par la guerre au Moyen-Orient et des innovations capables de remettre en cause certaines valorisations.
Dans ce contexte, la prudence reste de mise. Les épisodes de faiblesse et de volatilité peuvent offrir des occasions de repositionnement, à condition de conserver un portefeuille suffisamment diversifié et de ne pas sous-estimer la nécessité de le protéger.
 
 

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