L’intelligence artificielle (IA) est devenue l’un des principaux moteurs des marchés actions. Dans ce nouveau numéro de Dessous des Data, Christian Parisot, fondateur d’Altaïr Economics, analyse les effets potentiels de l’IA sur les marchés actions, l’inflation, la Fed et la croissance mondiale. Derrière l’euphorie de l’écosystème IA, les risques sont bien présents, mais ils ne sont pas forcément là où on les attend.
L’intelligence artificielle peut-elle déstabiliser les marchés actions ?
L’intelligence artificielle continue de dominer le récit de marché. Elle alimente les valorisations, concentre les flux, attire les capitaux et nourrit les anticipations de gains de productivité. Mais l’enjeu n’est pas seulement de savoir si les valeurs liées à l’IA sont trop chères ou si une bulle s’est formée autour du secteur.
Le sujet est plus large : cette thématique peut-elle devenir un facteur de déséquilibre pour les marchés actions ? Peut-elle provoquer des mouvements violents, non pas uniquement à cause des valorisations, mais à cause de certains excès, de tensions sur les flux de capitaux, de pressions sur les prix ou d’une lecture trop optimiste de la croissance mondiale ?
Christian Parisot écarte d’abord le débat habituel sur la bulle de l’IA. Il ne s’agit pas ici de juger si les valorisations sont excessives au regard des normes historiques. Le marché peut avoir ses raisons de valoriser fortement certaines sociétés. La question posée est différente : au-delà du récit porté par les entreprises du secteur, existe-t-il des facteurs capables de fragiliser les marchés ?
IPO géantes : un premier risque à surveiller
Le premier risque concerne les introductions en Bourse, les levées de capitaux, les augmentations de capital, les émissions d’obligations convertibles et les placements privés. Les montants sont considérables.
L’exemple de SpaceX est emblématique. L’opération a représenté environ 75 milliards de dollars, auxquels se sont ajoutés près de 10 milliards de dollars de surallocations mises en place par les banques. Le succès de l’opération montre qu’il existe une demande importante, notamment de la part des particuliers.
Mais ces opérations peuvent provoquer des effets de marché à très court terme. Avant l’introduction de SpaceX, certaines valeurs et certains secteurs ont souffert. L’hypothèse avancée est que des gérants auraient pris des bénéfices sur certains titres pour pouvoir participer à l’opération.
À court terme, ces IPO géantes peuvent avoir des répercussions. Ces introductions massives peuvent absorber une partie de la liquidité disponible et provoquer des rotations de portefeuille. La question est de savoir si ces impacts peuvent aller plus loin et déclencher une correction sévère des indices.
480 milliards de dollars : un chiffre record
Les montants évoqués sont impressionnants. Aux opérations déjà réalisées s’ajoutent les levées observées au premier trimestre, autour de 36 milliards de dollars, ainsi que les projets potentiels d’introduction en Bourse d’acteurs comme OpenAI, Anthropic ou d’autres sociétés liées à l’IA.
Il faut également intégrer les augmentations de capital, avec près de 140 milliards de dollars d’annonces, les obligations convertibles et les placements privés. Les obligations convertibles n’ont pas nécessairement un impact immédiat sur la liquidité, mais elles peuvent se traduire à terme par une augmentation des émissions d’actions.
Au total, selon l’estimation évoquée, ces montants pourraient atteindre 480 milliards de dollars cette année sur la Bourse américaine. C’est un montant record. Il interpelle naturellement les investisseurs : les marchés peuvent-ils absorber une telle vague d’émissions sans être déstabilisés ?
Pourquoi le marché américain peut encore absorber le choc
La réponse de Christian Parisot est nuancée. Les montants sont élevés, mais ils doivent être rapportés à la taille du marché américain.
D’abord, l’ampleur de ces émissions reste relativement limitée au regard de la capitalisation boursière totale des indices américains. Certes, les introductions sont concentrées sur quelques jours, ce qui peut créer des tensions ponctuelles. Mais à l’échelle de la Bourse américaine, les montants restent absorbables.
Ensuite, le marché américain n’est plus seulement alimenté par l’épargne des ménages américains. Il draine une partie de l’épargne mondiale. Des investisseurs européens, japonais ou venus d’autres régions du monde peuvent souscrire à ces opérations. Avec les plateformes d’investissement, il est devenu beaucoup plus facile d’investir sur les actifs américains.
La Bourse américaine fonctionne donc de plus en plus comme une Bourse mondiale, et non comme un marché fermé dépendant uniquement de l’épargne américaine. Cet élément change l’analyse de la liquidité.
ETF actions : un impact réel, mais surtout à court terme
Un autre angle consiste à comparer ces émissions aux flux qui se dirigent vers les ETF américains.
Si l’on regarde les flux sur l’ensemble des ETF, l’impact reste relativement limité. Mais lorsque l’analyse se concentre sur les ETF actions et sur les flux mensuels dirigés vers ces produits, l’effet devient plus visible. Dans le cas de SpaceX, l’opération représenterait un ordre de grandeur équivalent à 113 % des flux mensuels allant vers les ETF actions.
Cela montre que, sur quelques jours, une opération massive peut peser fortement sur les flux de capitaux. Mais si l’on prend davantage de recul, notamment sur un trimestre, les émissions prévues représenteraient environ un tiers des flux dirigés vers les ETF actions américains.
Le signal est donc double : l’effet est important à très court terme, mais il reste absorbable dans une perspective un peu plus large.
Rachats d’actions : le contrepoids oublié
Un autre élément est souvent sous-estimé : les rachats d’actions des entreprises américaines.
D’un côté, les IPO et les augmentations de capital augmentent l’offre d’actions. Mais de l’autre, de nombreuses entreprises américaines disposent de liquidités importantes et procèdent à des rachats d’actions. Ces rachats retirent des titres du marché et apportent de la liquidité.
L’ordre de grandeur est essentiel : face à environ 500 milliards de dollars d’émissions, les rachats d’actions représenteraient près de 1 000 milliards de dollars sur une année. Cela signifie que, globalement, les entreprises continuent d’injecter de la liquidité sur le marché.
Les nouvelles émissions peuvent provoquer des rotations sectorielles ou des ajustements de portefeuille. Mais lorsqu’on les compare aux rachats d’actions, elles ne semblent pas constituer un facteur de déstabilisation majeur pour les marchés actions.
Ce qui pourrait vraiment faire flancher les marchés
Le risque ne réside donc pas forcément dans les IPO elles-mêmes. Christian Parisot estime qu’un vrai facteur de déstabilisation viendrait plutôt d’une pression forte sur les marges des entreprises américaines, qui entraînerait un arrêt des rachats d’actions.
Un autre risque serait une hausse des taux d’intérêt, qui pèserait sur les valorisations et pourrait remettre en cause certaines introductions en Bourse.
En l’état, parler d’un risque de liquidité lié uniquement à l’ampleur des émissions paraît excessif. Les IPO records peuvent créer des tensions ponctuelles, mais pas nécessairement une tendance baissière durable. Tant que la thématique IA n’est pas remise en cause et que les liquidités ne quittent pas les marchés actions, la Bourse américaine semble avoir la capacité d’absorber ces opérations.
La première conclusion est donc claire : les introductions en Bourse liées à l’intelligence artificielle ne devraient pas, à elles seules, déstabiliser durablement les marchés actions.
L’intelligence artificielle est-elle une source d’inflation ?
Le deuxième risque porte sur l’inflation.
L’IA entraîne des hausses de coûts importantes. Les composants électroniques, les routeurs, les mémoires, la construction des data centers et la consommation d’électricité deviennent des postes clés. Aux États-Unis, certains ménages se plaignent déjà de la hausse de leur facture d’électricité.
Pour mesurer cet effet, Christian Parisot distingue l’indice des prix à la production américain, le PPI, et l’indice des prix à la consommation, le CPI.
L’impact apparaît plus fortement dans les prix à la production. Une partie de l’inflation liée à l’IA concerne en effet des biens d’investissement. Un data center entre dans l’investissement des entreprises et dans le PIB américain par cette composante. L’inflation liée aux composants et aux biens d’investissement se retrouve donc d’abord dans le déflateur de l’investissement des entreprises, avant d’affecter indirectement les coûts et, éventuellement, les prix à la consommation.
L’effet est donc réel, mais il ne se lit pas directement dans l’indice des prix payé par les ménages.
Data centers, composants, électricité : où se loge l’inflation IA
Dans l’indice des prix à la production, l’impact est plus marqué. Les composants électroniques, les routeurs, les mémoires importées ou encore le coût de l’électricité pour les entreprises jouent un rôle important.
La hausse évoquée sur ces composantes de prix à la production atteint 9,5 %.
Dans l’indice des prix à la consommation, l’effet est plus limité. Les biens de consommation comme les smartphones ou les PC existent bien dans l’indice, mais leur poids reste faible. L’électricité a un poids plus important, et certaines régions américaines connaissent des hausses beaucoup plus fortes que la moyenne, parfois à deux chiffres. Mais au niveau agrégé, la moyenne reste plus modérée, autour de 5 %.
Sur les composantes liées à l’IA dans les prix à la consommation, l’effet inflation IA ressort autour de 5,6 % en évolution des prix. Mais cette mesure ne tient pas compte du poids de ces composantes dans l’indice global.
C’est là que l’impact doit être relativisé.
Inflation IA : un impact limité pour les consommateurs
Pour le consommateur américain, la contribution de l’inflation IA reste limitée. L’effet serait de l’ordre de 0,1 à 0,2 point d’inflation supplémentaire.
Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas comparable à un choc énergétique majeur. On ne peut donc pas parler d’un effet inflationniste massif de l’intelligence artificielle sur les ménages.
Pour autant, le sujet reste important pour les banques centrales. Même si la contribution directe à l’inflation reste limitée, l’IA introduit une incertitude supplémentaire dans l’analyse de la politique monétaire.
Pourquoi l’IA complique le travail de la Fed
À moyen terme, il existe plutôt un consensus pour considérer que l’IA devrait être désinflationniste, voire déflationniste pour certains services. La raison est simple : l’intelligence artificielle peut générer des gains de productivité.
Ces gains peuvent être répartis de plusieurs façons. Ils peuvent se traduire par des hausses de salaires, par une hausse des profits des entreprises ou par une baisse des prix si la concurrence est forte. Dans des secteurs comme le cloud intelligent, la concurrence entre fournisseurs peut conduire à répercuter une partie des gains de productivité aux clients.
À moyen terme, l’IA pourrait donc peser sur les prix.
Mais à court terme, le débat est différent. L’économie américaine présente une image contrastée. Dans l’ensemble, la croissance reste résiliente. Elle n’est pas exceptionnelle, mais elle ne montre pas de rupture nette. En revanche, dans le détail, l’investissement lié à l’intelligence artificielle soutient fortement l’activité, tandis que les secteurs sensibles aux taux d’intérêt souffrent.
Le logement en est un exemple. Les mises en chantier et l’activité dans le secteur résidentiel sont affectées par le niveau des taux hypothécaires. L’impact des taux est particulièrement violent dans ces secteurs.
L’économie américaine apparaît donc à deux vitesses : une partie portée par l’IA, les investissements et certains revenus élevés ; une autre partie fragilisée par le niveau des taux.
Une inflation plus collante, sans choc massif
L’IA n’est pas forcément très inflationniste en elle-même. Mais elle reste un moteur de la croissance américaine. Elle permet à certains ménages, notamment parmi les plus aisés, de continuer à consommer et d’accepter des hausses de prix.
Cela contribue à maintenir une inflation relativement collante aux États-Unis. Sans cet effet IA, la croissance américaine pourrait être moins dynamique, et la Banque centrale pourrait peut-être baisser ses taux plus rapidement.
À court terme, l’IA peut donc être considérée comme un facteur plutôt inflationniste, même s’il est difficile d’isoler un effet direct très fort dans les indices de prix. Il est également difficile de craindre une véritable boucle prix-salaires liée uniquement à l’IA.
Le point central est ailleurs : l’intelligence artificielle contribue à maintenir la croissance à un niveau élevé. Elle devient donc un élément de débat pour les membres du FOMC.
L’IA peut retarder les baisses de taux
Pour Christian Parisot, l’IA génère surtout de l’incertitude en matière de politique monétaire.
Elle ne justifie pas nécessairement une hausse des taux. En revanche, elle peut freiner les baisses de taux. L’investissement massif autour de l’IA maintient une partie de l’économie américaine sous tension, ce qui peut conduire la Banque centrale à conserver une politique monétaire restrictive plus longtemps.
Le risque n’est donc pas seulement inflationniste. Il est aussi monétaire. L’IA peut empêcher la Fed d’assouplir sa politique aussi vite qu’elle le ferait dans une économie moins soutenue par ces investissements.
C’est un point majeur : l’IA ne provoque pas un choc inflationniste direct massif, mais elle peut prolonger un environnement de taux d’intérêt élevés.
IA : opportunité ou risque pour la croissance mondiale ?
Le troisième débat est plus global. Il concerne l’impact de l’intelligence artificielle sur la croissance mondiale.
D’un côté, certaines estimations, notamment celles évoquées à partir des travaux de la Banque mondiale, suggèrent que l’IA pourrait augmenter la croissance potentielle des grandes économies et améliorer la productivité.
Mais ces estimations sont entourées d’une forte incertitude. L’impact réel sur la productivité du travail, sur la productivité globale des économies et sur la croissance potentielle varie fortement selon les scénarios.
Il existe aussi des divergences importantes entre les économies développées et le reste du monde. Les pays capables de profiter des investissements massifs autour de l’IA et des gains de productivité pourraient en tirer un avantage important. Les autres pourraient être moins concernés.
L’IA masque-t-elle la faiblesse de l’économie mondiale ?
Une autre question se pose et même s’impose : l’IA tire-t-elle réellement la croissance mondiale ou masque-t-elle une situation plus fragile ?
Aujourd’hui, une partie des bonnes statistiques mondiales semble liée aux composants électroniques et aux investissements dans les capacités de calcul. Le commerce extérieur de certains pays en fournit un exemple. Le Japon affiche une forte croissance de ses exportations, mais celle-ci est largement concentrée sur les composants électroniques. Singapour connaît aussi une croissance à deux chiffres de ses exportations, portée par une croissance à trois chiffres des exportations de produits électroniques.
La même interrogation vaut pour la Corée du Sud. Si l’on retire les composants électroniques de ces statistiques, la croissance du commerce mondial reste-t-elle aussi dynamique ?
C’est là que se situe le risque de croissance en trompe-l’œil. L’IA stimule aujourd’hui l’activité mondiale à travers les investissements dans les data centers, les composants et les capacités de calcul. Mais cette dynamique sera-t-elle durable ?
Le vrai test : le taux d’adoption de l’IA
Pour trancher ce débat, Christian Parisot insiste sur un indicateur central : le taux d’adoption de l’IA par les entreprises.
Les statistiques américaines évoquées montrent que l’utilisation globale de l’IA reste encore limitée. Entre 17 % et 20 % des entreprises utiliseraient aujourd’hui l’intelligence artificielle, et seulement 20 % à 23 % s’attendraient à l’utiliser au cours des six prochains mois.
Le taux de diffusion reste donc relativement faible.
Une autre étude mentionnée indique que 20 % des entreprises concentreraient 74 % des gains de productivité liés à l’IA. Cela signifie que les bénéfices sont extrêmement concentrés.
Des gains de productivité concentrés dans quelques secteurs
Les gains de productivité liés à l’IA concernent d’abord certains secteurs : les logiciels, les médias, certains segments du transport ou de la logistique. L’IA peut aider à optimiser les chaînes logistiques, à mieux gérer les risques et à améliorer les déplacements.
Dans la santé, les modèles les plus avancés peuvent aussi ouvrir des perspectives, notamment dans la recherche et le développement, la découverte de nouvelles molécules ou l’accélération de certains processus.
Il ne faut donc pas nier les gains possibles. L’IA peut faciliter l’accès aux services publics, simplifier certaines démarches administratives, réduire le coût de la paperasserie ou améliorer l’accès aux informations juridiques.
Mais il faut distinguer l’usage quotidien de l’IA et son impact réel sur les processus industriels, les gains de productivité dans la production et le coût de réalisation des services.
Peut-on réduire massivement le coût de production d’un restaurateur ? Peut-on transformer profondément la productivité dans certains services de santé, où l’intervention humaine reste indispensable ? La réponse reste incertaine.
Capacités de calcul : le moteur actuel de la croissance IA
Aujourd’hui, l’effet IA sur la croissance mondiale semble surtout lié à la constitution de capacités de calcul. La construction de data centers et l’investissement dans les infrastructures nécessaires à l’IA soutiennent l’activité.
Certains modèles très avancés peuvent avoir une utilité réelle pour la recherche, la sécurité ou des usages scientifiques pointus. Mais tous les usages ne nécessitent pas ces capacités massives.
Pour résumer un texte, produire une synthèse ou remplir automatiquement une déclaration, des modèles plus simples peuvent suffire. Certains outils sont même disponibles en libre accès ou en open source. Tous les usages de l’IA ne justifient donc pas les mêmes besoins en calcul.
Cela pose une question importante : une fois la phase d’investissement massif dans les capacités de calcul terminée, les gains de productivité seront-ils suffisamment larges pour prendre le relais ?
Une diffusion plus lente que prévu
Les modèles d’intelligence artificielle restent des systèmes probabilistes. Ils peuvent être puissants, mais ils ont aussi leurs limites, notamment lorsqu’ils sont confrontés à des situations nouvelles.
La diffusion de l’IA dans les entreprises prendra donc probablement plus de temps que certains ne l’anticipent. Les gains de productivité seront peut-être importants pour une minorité de secteurs et d’entreprises, mais ils ne transformeront pas nécessairement l’ensemble de l’économie.
Certaines entreprises devront investir dans l’IA et réorganiser leur travail pour rester compétitives. Mais cela ne signifie pas que tous les secteurs, tous les emplois et tous les modèles économiques connaîtront une révolution équivalente.
Dans de nombreux services, l’IA pourrait améliorer légèrement la productivité sans modifier radicalement l’évaluation de la croissance potentielle.
IA : le risque derrière l’euphorie
Le risque est donc le suivant : l’économie mondiale est aujourd’hui soutenue par une phase d’investissement massif dans les capacités de calcul. Mais lorsque cette phase sera achevée, l’adoption réelle de l’IA pourrait produire des effets plus limités, plus sectoriels et plus progressifs.
Dans ce scénario, la croissance mondiale pourrait connaître un trou d’air, surtout si le reste de l’économie envoie déjà des signaux plus faibles.
L’IA peut ainsi donner une image plus favorable de la situation qu’elle ne l’est réellement. Elle peut masquer des fragilités : pouvoir d’achat des ménages, faiblesse de certains secteurs, tensions liées au choc inflationniste, perturbations du commerce mondial.
La question devient alors : les bons chiffres liés à l’IA cachent-ils une situation plus compliquée pour certaines entreprises et pour une partie de l’économie mondiale ?
Investisseurs : ce que vous devez retenir
Trois idées se dégagent de cette analyse.
Premièrement, les IPO liées à l’intelligence artificielle ne devraient pas, à elles seules, déstabiliser les marchés actions. Les montants sont records, les effets de court terme existent, mais le marché américain dispose encore d’une profondeur importante et reste soutenu par les rachats d’actions.
Deuxièmement, l’IA pose un vrai problème de politique monétaire. Elle ne crée pas nécessairement un choc inflationniste massif, mais elle soutient l’activité américaine et peut retarder une baisse des taux. Elle maintient donc une partie de l’économie sous la contrainte d’une politique monétaire restrictive.
Troisièmement, l’IA peut masquer une situation plus fragile de la croissance mondiale. Derrière la résilience des statistiques, certains signaux faibles pourraient indiquer une croissance moins robuste qu’il n’y paraît. Lorsque la phase d’investissement dans les capacités de calcul ralentira, la diffusion plus lente de l’IA dans les entreprises pourrait rendre ce décalage plus visible.
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